Comité de soutien à Laurent Vili

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vendredi 5 décembre 2008

Laurent Vili est acquitté reprend la presse

Le Midi Libre Édition du vendredi 5 décembre 2008 sur le site, édition du 6 décembre en kiosque.

Laurent Vili est finalement acquitté. Le verdict vient de tomber à Nouméa où le rugbymen Montpellierain était jugé en appel.

De six à huit années d'emprisonnement avaient pourtant été requises vendredi à Nouméa à l'encontre de l'ancien pilier de Montpellier, Laurent Vili, accusé d'un meurtre sur fond de conflit ethnique, dont il avait été acquitté lors d'un premier procès en assises.

L'avocat général Gilles Brudy a notamment fondé son réquisitoire sur les aveux « circonstanciés » du joueur wallisien en août 2002, qui s'était accusé d'être l'auteur du tir, à l'origine de la mort de Jean-Marie Goyeta, un jeune Kanak. Touché au bassin le 8 janvier 2002, il est décédé trois semaines plus tard à l'hôpital.

« Avec plein de détails », Laurent Vili avait déclaré avoir eu "le viseur sur la tête", puis être descendu sur « la cuisse et avoir tiré car il pensait avoir été repéré », a indiqué M. Brudy. Laurent Vili s'était ensuite rétracté avant de faire part de ses doutes.

Les faits s'étaient produits alors que des violences opposaient les Wallisiens et Futuniens du village de l'Ave Maria aux Kanaks de la tribu de Saint-Louis, à la périphérie de Nouméa. Le 8 janvier 2002 marquait la fin d'un ultimatum lancé par les Kanaks aux 200 familles wallisiennes pour qu'elles quittent les lieux.

La complexité du terrain, l'absence d'autopsie et la disparition de l'arme du tir - un fusil de calibre 270 - ont rendu difficile la reconstitution des faits de ce procès sensible. De surcroit, l'oncle de Jean-Marie Goyeta, témoin privilégié, qui avait disculpé Laurent Vili en première instance, est décédé en septembre dernier.

Gilles Brudy a salué « l'excellente moralité » de l'accusé, « sportif exceptionnel », qui fait figure d'exemple au sein de sa communauté. «D'une incontestable qualité humaine, il s'est trouvé au coeur d'un conflit d'une rare violence » a-t-il déclaré, qualifiant de « conjoncturelle » la « dangerosité » de Laurent Vili, acquitté en avril dernier.

Le verdict tombé dans la soirée à Nouméa innocente définitivement Laurent Vili.

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mardi 2 décembre 2008

Laurent Vili rejugé à partir d'aujourd'hui

Le Midi Libre édition du mardi 2 décembre 2008

L'ancien rugbyman de Montpellier, accusé d'un meurtre commis en 2002, a été acquitté en avril dernier. Le parquet a fait appel.

La dernière fois que Laurent Vili est venu en Nouvelle-Calédonie, c'était en avril dernier, pour son premier procès. Après trois jours de débats, le rugbyman avait été acquitté pour le meurtre de Jean-Marie Goyetta, un kanak de Saint-Louis, une tribu située à deux pas de Nouméa. Les deux hommes avaient grandi ensemble et joué dans la même équipe de football, avant qu'un conflit communautaire ne les sépare, en 2002. Cette année-là, Laurent Vili, le Wallisien, était revenu de métropole pour prendre le fusil et défendre les siens.

La semaine dernière, le solide pilier de Bédarrides (Vaucluse) a de nouveau posé le pied sur sa terre natale, pour se préparer à cette nouvelle épreuve judiciaire. Entouré et soutenu par sa famille et par une partie de ses anciens coéquipiers de Montpellier qui ont fait le déplacement, Laurent Vili n'attend qu'une chose : un second acquittement.

« Depuis que la justice a trouvé en Laurent un coupable, on a mis une partie de notre vie en suspens, expliquent aussi ses frères et soeurs. Aujourd'hui, on attend de pouvoir enfin recommencer à vivre ». Laurent, lui, souhaite « ne plus avoir à se poser de question après ce second procès ».

Il aimerait aussi tirer un trait sur ce passé déchirant. Même si de chaque côté de la barre, on ne pourra jamais oublier ces mois de guérilla interethnique qui avaient causé la mort de trois hommes, et dont l'origine remonte à une bagarre de gamins, dans une cour de collège. Car le conflit avait ruiné vingt ans de coexistence. Après son mariage en 1976, Fano, le père de Laurent Vili, avait été l'un des premiers Wallisien à s'installer sur ces terres kanakes.

De son enfance, Laurent en parle comme des « meilleurs moments de sa vie ». Il se rappelle des trois titres remportés à la suite, lorsqu'il était gardien de l'équipe de foot de Saint-Louis, d'un tour de Calédonie qu'il avait fait avec ses coéquipiers kanaks, d'une halte dans le village natal de Jean-Marie Tjibaou, pour se recueillir sur sa tombe. « C'est là que j'avais découvert l'histoire douloureuse des Kanaks », explique celui qui s'était à son tour retrouvé au coeur de l'histoire immédiate de son pays.

Correspondance à Nouméa, Pierrick CHATEL

mercredi 19 novembre 2008

Laurent Vili rejugé en décembre à Nouméa

Le Midi-Libre édition du mercredi 19 novembre 2008

Nouvel, et peut-être dernier épisode, dans ce que l'on appelle "l'affaire Vili". Accusé du meurtre d'un jeune Mélanésien en Nouvelle-Calédonie, le 8 janvier 2002, lors d'affrontements tribaux, et acquitté le 23 avril 2008, celui qui, à l'époque des faits, était rugbyman à Montpellier, va se retrouver début décembre devant la justice néo-calédonienne. En effet, le parquet de Nouméa avait fait appel de l'acquittement du sportif.

C'est dans une atmosphère assez lourde que s'étaient déroulés les trois jours de procès en mars dernier. Les parents de Jean-Marie Goyetta, la victime, espéraient, évidemment, connaître la vérité sur la mort de leur fils. Laurent Vili, accompagné de ses amis montpelliérains, avait été reconnu innocent à l'issue de débats ayant mis en lumière les contradictions du dossier (position du tireur, éloigné de l'endroit où se trouvait Vili), en même temps qu'ils avaient déploré le rôle plutôt passif des gendarmes pourtant présents à Mont-Doré, où les violences ont éclaté.

« Nous sommes un peu stressés, avoue Michel Bonnaud, président du comité de soutien de Laurent Vili, qui sera à Nouméa avec Jérôme Vallée, rugbyman à Montpellier, Jean-Michel Meunier et Denis Navizet, anciens joueurs. Le seul élément nouveau est malheureusement le décès d'un témoin très important pour nous... Cependant, le dossier est tel que nous espérons que cette épreuve sera la dernière... »

C. V.

mercredi 21 mai 2008

Le club de tous les supporters

Le Midi-Libre, édition du mercredi 21 mai 2008 Le CDS à Palavas

Ce jour-là , le Club des supporters de Montpellier avait convié ses homologues toulousains à partager leur repas d'avant-match. A leurs côtés, Laurent Vili, auquel une enveloppe contenant la participation symbolique de 5 € par personne, allait bientôt être reversée pour l'aider à financer son second procès devant la cour d'assises de Nouméa.
Le soutien indéfectible aux joueurs, la présence sur tous les terrains depuis 2003, date de la création du club pour la finale de Pro D2 à Sapiac, les relations nouées avec les autres clubs des supporters du Top 14 : toute la philosophie de Florence Fabre et son équipe est résumée dans cette rencontre chaleureuse organisée il y a une dizaine de jours à Palavas. « Une belle journée qui a récompensé l'investissement de tous les membres du club » , sourit la présidente. Une belle journée, comme tant d'autres depuis 2003.

Notes

@Photo DR pour le Midi-Libre

mercredi 14 mai 2008

RUGBY A XV Solidarité : 22 000 € pour Vili

Le Midi-Libre édition du mercredi 14 mai 2008

Dimanche soir, après le match de Top 14 entre Montpellier et Toulouse, au stade Yves-du-Manoir, la vente aux enchères de quatre maillots de l'équipe de France portés par les internationaux du club, Louis Picamoles, Julien Tomas, François Trinh-Duc et Fulgence Ouedraogo a rapporté la somme de 22 000 €. Qui sera reversée au comité de soutien de Laurent Vili, le rugbyman du MHRC qui, après avoir été acquitté de l'accusation de meurtre à Nouméa, devra repasser en appel bientôt. Max. BERULLIER

vendredi 9 mai 2008

DROPS Montpellier : les Bleus solidaires

Le Midi Libre édition du vendredi 9 mai 2008

Montpellier : les Bleus solidaires.- Fulgence Ouedraogo, Louis Picamoles et François Trinh-Duc ont spontanément accepté de se séparer de l'un de leurs maillots portés avec l'équipe de France. Une vente aux enchères comprenant notamment ces maillots sera organisée dimanche à Yves-du-Manoir, lors de la réception d'après match. Les fonds récoltés seront entièrement reversés au comité de soutien de Laurent Vili pour financer son nouveau procès à la suite de l'appel interjeté par le procureur de Nouméa, après son acquittement par la cour d'assises pour le meurtre dont il était accusé. A leur échelle, le club des supporters de Montpellier et celui de Toulouse se mobilisent également. Ils ont décidé de reverser la participation pour leur repas (pris en commun avant le match), à ce même comité de soutien.
... la suite

mercredi 30 avril 2008

Le parquet fait appel de l'acquittement du rugbyman Laurent Vili

NOUMEA, 30 avr 2008 (AFP) - 5h22

Le parquet de Nouméa a interjeté appel de l'acquittement la semaine dernière du rugbyman Laurent Vili, accusé du meurtre d'un jeune kanak, sur fond de rivalités raciales, a-t-il annoncé mercredi.

"Il s'agit pour le parquet d'être logique avec les poursuites qu'il a initiées. Je souhaite que l'on aille jusqu'au bout du processus judiciaire", a déclaré à la presse Annie Brunet-Fuster, procureur général près la Cour d'appel de Nouméa.
"Compte tenu des graves troubles à l'ordre public (qu'avait suscité le conflit de St Louis), je crois que l'on ne peut pas admettre que la justice s'arrête au milieu du guêt", a-t-elle ajouté, précisant que sa décision avait été "difficile" à prendre.

Pilier de l'équipe de rugby de Nîmes, Laurent Vili, d'origine wallisienne, a comparu la semaine dernière devant la cour d'assises pour le meurtre de Jean-Marie Goyeta le 8 janvier 2002, à la tribu de St Louis dans la banlieue de Nouméa.
Les faits étaient intervenus alors que des violences opposaient les Kanak de St Louis aux Wallisiens et Futuniens du village de l'Ave Maria, juste séparé par une rivière de la tribu.
Des témoignages contradictoires, des failles dans l'enquête et l'absence de preuves convaincantes ont abouti à l'acquittement de Laurent Vili, 31 ans. Le parquet avait requis cinq ans d'emprisonnement avec sursis.
Le verdict de ce procès sensible a réveillé les tensions communautaires et déclenché la colère de la population kanak.
Jeudi dernier, au lendemain du verdict, les habitants de St Louis avaient déroulé des banderoles et brûlé des pneus en bord de route, dénonçant une "justice à deux vitesse".

Frédéric de Greslan, avocat de Laurent Vili, s'est élevé contre la décision du parquet, estimant que sa seule motivation était de "calmer les esprits"."

article également paru sur

mardi 29 avril 2008

les crampons de la liberté

Le Midi-Libre édition du mardi 29 avril 2008

A peine débarqué, le pilier a repris l'entraînement avec le Montpellier HRC.

Plutôt gris, le temps, hier matin, sur Montpellier. Mais, pour Laurent Vili, ces nuages-là n'avaient rien à voir avec ceux, bien plus menaçants, qui s'étaient amoncelés sur sa tête pendant six ans. Et ce ciel couvert avait surtout, pour le Calédonien, la couleur de la liberté. D'ailleurs, de retour de Nouméa le matin même, via Paris, celui qui venait de faire éclater la vérité (lire ci-contre) repoussait la fatigue du vol et du décalage horaire pour reprendre le chemin du stade. Celui du Montpellier Hérault Rugby Club, où l'attendaient tous ses potes. Sa famille, comme il le dit lui-même. « Déjà, à l'aéroport, il y avait tout un petit comité d'accueil, souriait le solide gaillard. C'était normal que je vienne ici saluer tous les joueurs, tous ceux qui m'ont soutenu pendant cette épreuve ».

Avant de préciser, se pinçant un peu le ventre : « Et puis, il faut bien que je me réentraîne. Dans la tête, je suis prêt à reprendre le rugby. Le corps, lui, va falloir un peu que je le retravaille ». Le sourire, surtout, est là, bien présent. Sur la large face d'un gars franc, droit comme le poste de pilier qu'il occupe, bien campé sur des valeurs d'un sport qu'il honore. « Ces valeurs-là ont joué pour moi, lâche-t-il. A mon procès, les gars du club qui sont venus me soutenir, ont témoigné. Que ce soit Michel Bonnaud ( NDLR : le président du comité de soutien à Laurent Vili), Jérôme Vallée, Jean-Michel Meunier ou encore Denis Navizet, ont axé leur témoignage sur ces valeurs-là, celles que le rugby m'a inculquées ». Des valeurs qui, si elles ne sont pas directement à l'origine de l'acquittement du Wallisien (les faits, décortiqués par le tribunal, ont mis en évidence l'innocence de Vili), ont permis à ce grand gaillard de ne pas craquer.

« Depuis le début de cette affaire, le club et les joueurs n'ont cessé de me soutenir. Quand j'étais en prison, ou bien quand je suis revenu. Même les nouveaux joueurs, notamment les Sud-Af, étaient au courant. Des anciens comme Vallée ou Diomandé, ou des gars comme Taele et Toleafoa, avec qui on partage la même culture, ont servi de relais. J'ai découvert que les jeunes, comme François (Trinh-Duc) perpétuaient toujours les valeurs du ruby ». Quant à sa position de "présumé coupable", Laurent Vili n'a jamais eu à s'en défendre. « Aucun ne s'est jamais posé la question de savoir si j'étais coupable ou non. Ils m'ont soutenu, tout simplement. Comme une véritable famille. Ce qu'ont fait les joueurs, ce qu'a fait ce club, je ne l'oublierai jamais ». Ce qu'a fait, aussi, ce club, le président Thierry Perez et Didier Nourault, le directeur sportif, en tête, c'est de faire signer à Vili un contrat pro fin février en tant que joker médical, pour pallier la blessure de Clément Baïcco.

« J'étais un peu perdu, je manquais de repères, souligne celui qui, alors au sein du club de Nîmes, après avoir fait un crochet par Gaillac, peinait à refaire surface. Quand Thierry m'a appelé, pour me dire qu'ils avaient besoin d'un pilier qui se donne à 200 %, j'ai sauté au plafond. Maintenant, c'est à moi de rendre au club tout ce qu'il m'a donné. D'ailleurs, excuse-moi, ça commence dès maintenant. On m'attend ».

Celui qui l'attend, c'est encore Jérôme Vallée, le troisième ligne du MHRC. Et qui, après l'avoir soutenu à Nouméa, s'apprête à faire souffrir son ami, dans la salle de muscu. « Je suis prêt à tout, s'amuse Vili. Maintenant, je suis un homme libre ». Libre, mais pas entièrement libéré. « Le combat de Vili est terminé, grogne-t-il. Pas celui des miens, de ma communauté, là bas, en Nouvelle-Calédonie. Des choses se passent là-bas qui me révoltent. Des gens ont été déplacés, des amis ont perdu leur métier. On leur a fait des promesses non tenues. Je pense aussi à la famille de Jean-Marie (Goyetta, le Mélanésiens tué dans la fusillade). Je comprends leur colère. Je retournerai là-bas. Il y a un truc à terminer ».

Les gens de rugby tiennent toujours leur promesse. D'autant plus celle d'un pilier. Qui, dès la fin de la saison du Top 14 (« J'espère que je serai bientôt aligné sur une feuille de match »), repartira vers les siens, là-bas. Au bout du monde, dans son île, ce paradis qui parfois sombre dans l'enfer. Il veut y aller, pour entrer dans une mêlée qui n'a rien de simulée. Pour que plus personne, d'un camp comme de l'autre, n'en sorte, définitivement, sur une civière... Jean-Loup ROBERTIER

vendredi 25 avril 2008

Laurent Vili : «Le soutien des montpelliérains m'a donné la force»

Le Midi-Libre édition du vendredi 25 avril 2008

Laurent Vili, joint par téléphone à Nouméa, hier, au lendemain du verdict

« J'ai été comme assommé au moment du verdict. J'ai eu du mal à réaliser. Ce n'est que le lendemain, en prenant mon petit neveu dans mes bras, que j'ai réalisé que c'était fini. Je n'ai pas pu retenir mes larmes. » Il est minuit à Nouméa, il pleut des cordes, et Laurent Vili, le rugbyman montpelliérain, réagit à son acquittement par la cour d'assises de Nouvelle-Calédonie, pour le meurtre en 2002 de Jean-Marie Goyetta, un Mélanésien tué lors d'affrontements interethniques.

« En arrivant ici, j'étais confiant et déterminé. J'étais sûr de mon innocence, car ce n'était pas Jean-Marie que j'avais ce jour-là dans ma ligne de mire. » Une certitude qui s'est finalement imposée, après trois jours de procès. « Il a fallu batailler, parce que malgré les faits et les témoignages qui démontaient les charges, l'avocat général voulait une condamnation, même avec sursis, et pour moi, il n'en était pas question. » Quelles vont être les conséquences, sur place, de cet acquittement ? « Il a été prouvé par le procès que ce n'était pas moi qui ait tué. Le retour à la sérénité passe par la recherche de la vérité. »
Laurent Vili, pour l'instant, a déjà les yeux fixés sur Montpellier. « Je reviens lundi, à l'attaque, pour finir avec Montpellier la saison du Top 14. C'est vrai que j'ai très envie aussi de revenir vivre en Calédonie, d'être proche de ma famille. Maintenant, je dois réinventer ma vie. Je veux remercier tous ceux, au club de Montpellier, qui m'ont soutenu, parce qu'ils m'ont donné la force d'affronter toutes ces épreuves. »
Recueilli par F. B.

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jeudi 24 avril 2008

Le rugbyman Laurent Vili acquitté

Le Midi-Libre édition du jeudi 24 avril 2008

Depuis 2002, le joueur de Montpellier était accusé du meurtre d'un Mélanésien en Nouvelle-Calédonie

« Quand il m'a serré dans ses bras, j'ai cru qu'il me cassait en deux. Et j'ai pleuré comme un gosse. Six ans, c'est long ». Michel Bonnaud est président du comité de soutien de Laurent Vili et, après des années d'efforts pour aider le jeune et costaud Wallisien à sortir d'un véritable guêpier, il décompresse un peu. Pas question pourtant pour lui, comme pour ses amis présents à Nouméa, de fanfaronner. Car dans ce drame qui s'est déroulé le 8 janvier 2002, il y a eu mort d'homme. Jean-Marie Goyetta, un jeune Mélanésien, est, en effet, tombé lors d'affrontements entre sa communauté et celle de Vili.

« Sa famille a été très digne, pendant le procès et après le verdict, malgré sa grande souffrance » assure le dirigeant du Montpellier Rugby Club. Pour Me Gauer, l'avocat de Vili, étonné que l'avocat général ait requis cinq ans de prison avec sursis à l'encontre de son client, « il fallait un coupable pour camoufler la faute de l'État » .
Toujours est-il que les trois jours de débats, menés dans la sérénité, ont éclairé les faits dramatiques de janvier 2002, mettant surtout en lumière les contradictions du dossier et le rôle, pour le moins passif, des gendarmes présents à ce moment-là près de Mont-Doré, le village où les violences ont éclaté.

Aujourd'hui, Laurent Vili, qui a tout de même fait un an de prison, est libre. Libre de retrouver une vie normale à Montpellier, après une parenthèse cauchemardesque de six ans. Une vie en famille et avec les amis, jamais très loin d'un terrain de rugby.
En Nouvelle-Calédonie, on ne sait toujours pas qui a tué Jean-Marie Goyetta ...
C. V.

mercredi 23 avril 2008

L'heure du verdict pour Laurent Vili à Nouméa

Le Midi-Libre édition du mercredi 23 avril 2008

Le rugbyman montpelliérain est jugé pour un meurtre qu'il nie, commis en 2002 en Nouvelle-Calédonie

« Je m'attendais à énormément de tension, voire de violence. Mais si à l'extérieur du palais de justice, on a l'impression que cela peut exploser à tout moment, à l'intérieur il règne un profond respect, un silence total, et tout le monde s'exprime librement. » Me Gilles Gauer, l'avocat montpelliérain, défend devant la cour d'assises de Nouvelle-Calédonie Laurent Vili, 30 ans. Le rugbyman de Montpellier, originaire de Walis et Futuna, est accusé d'avoir tué d'un coup de fusil
Jean-Marie Goyetta, un Mélanésien, au cours de violents incidents ayant opposé en janvier 2002 les deux communautés. Un geste qu'il nie, même s'il reconnaît avoir tiré, comme bien d'autres habitants de son village, pour se défendre. « On a organisé un procès d'assises, pour que cela ressemble à un dossier de droit commun, alors que ce n'en est pas un. C'était une situation de guerre, pour des motifs ethniques, sur le territoire de la République, alors que l'Etat avait fait savoir qu'il n'interviendrait pas » rappelle l'avocat, joint par téléphone hier à Nouméa. « C'étaient des tirs de défense ».

La deuxième journée d'audience a été largement consacrée à l'examen des faits et à la topographie des lieux. Pour la défense, les débats ont montré que les trajectoires de tirs mettaient l'accusé, qui comparaît libre, hors de cause.
« Laurent Vili, comme les proches de la victime, ont un besoin immense de vérité, insiste-t-il. C'est un moment de grande émotion, mais il est heureux et soulagé de voir que la vérité va pouvoir apparaître aux yeux de tous. Ce procès est essentiel pour rebâtir la vie avec les Mélanésiens, qui étaient ses copains d'enfance. Avec son frère, Laurent était alors le seul Walisien dans l'équipe de foot des Mélanésiens. » Le réquisitoire, la plaidoirie de la défense et le verdict sont attendus aujourd'hui.
François BARRÈRE

mardi 22 avril 2008

Le rugbyman montpelliérain Laurent Vili livre ses premières explications

Le Midi-Libre édition du 22 avril 2008

Le rugbyman montpelliérain est jugé pour le meurtre d'un Mélanésien.

Le procès doit durer trois jours. Trois jours pour tenter de comprendre ce qui sépare deux ethnies vivant sur la même terre depuis des décennies, trois jours pour disséquer les affrontements du 8 janvier 2002 qui ont coûté la vie à un jeune Kanak (Midi Libre d'hier). Sur le banc des accusés, Laurent Vili, cueilli sept mois après le drame à Montpellier où il jouait alors au rugby.

Hier, après la longue évocation des faits (18 feuillets), psychiatre et témoins se sont succédé à la barre et ont dressé un portrait flatteur du jeune rugbyman. Puis, face à des défenseurs très sceptiques, les enquêteurs ont expliqué pourquoi cinq mois se sont écoulés entre les faits et les premières constatations.

Enfin, et ce fut à l'évidence le moment fort de la journée, le président a interrogé Laurent Vili, très calme, sur la base des aveux que celui-ci a fait - pour protéger sa famille a-t-il expliqué ensuite - avant de se rétracter. Aujourd'hui, la journée sera consacrée à l'audition des experts. Et demain, les avocats des deux camps puis les jurés mettront un terme à ces débats et à six ans d'attente.

lundi 21 avril 2008

Rugbyman montpelliérain, Vili est jugé pour meurtre

Le Midi Libre édition du lundi 21 avril 2008

En 2002, des violences opposant Wallisiens et Kanaks faisaient un mort. Sept mois plus tard, Laurent Vili était accusé. Son procès s'ouvre.

« Je suis heureux que la vérité puisse enfin éclater, et j'espère qu'on pourra vraiment aller au fond des débats ». Laurent Vili est arrivé à Nouméa en fin de semaine dernière. Avec ses amis du comité de soutien, Michel Bonnot en tête, avec quelques potes rugbymen, Jérôme Vallée notamment, troisième ligne à Montpellier, qui a raté le match de Top 14 à Albi samedi pour être près de Lolo et témoigner. Il y a là aussi Denis, Jean-Michel et Yannick, autant de copains qui, depuis six ans, ne ménagent pas leur peine. Comme au coeur d'une mêlée, ils ne reculeront pas pour envoyer Laurent Vili à l'essai et ainsi mettre un terme au cauchemar. Bien sûr, ils auraient préféré que le procès soit délocalisé en Métropole, mais tant pis... « C'est vrai, dans le contexte local, on a un peu peur des pressions qui pourraient s'exercer sur les jurés » avoue Michel Bonnot, à l'évidence tendu à l'approche du dénouement de cette sale affaire. En janvier dernier, M e Gauer, le défenseur de Vili, nous avait fait part de ses craintes : « Si Laurent est jugé là-bas, ce sera par un jury tiré au sort sur la base de la population calédonienne qui comporte 50% de Mélanésiens (les Kanaks, autochtones, NDLR) et 9% de Wallisiens (polynésiens, descendants d'immigrants, NDLR) ».

On l'a compris : les faits, pour lesquels est jugé le rugbyman et qui remontent au 8 janvier 2002, ont opposé Mélanésiens et Wallisiens. Un mois avant le drame, les premiers ont sommé les seconds de quitter Mont-Doré, un village que ces derniers habitaient depuis 50 ans. Alors, lorsque ce triste 8 janvier, de nuit, les Mélaniens, armés, traversent la rivière pour marcher sur Mont-Doré, pas étonnant que des coups de feu éclatent, laissant blessé Jean-Marie Goyetta qui décédera quelques jours plus tard à l'hôpital. Le 22 mars, sept mois après, Vili, alors étudiant et rugbyman à Montpellier, est arrêté. Il fera un an de prison.

Il n'a jamais nié avoir été sur place le 8 janvier, pas plus qu'il ne nie avoir tenu un fusil lors de ces affrontements. Ce qui est fragile dans cette histoire, ce sont les expertises ballistiques contadictoires, les témoignages discordants, et le rôle des gendarmes bien passifs aux yeux du défenseur du sportif. Un garçon meurtri qui s'est battu ces dernières années pour faire reconnaître son innocence et qui a puisé sa force dans le sport, devenant un éducateur écouté dans les écoles de rugby de la région où il a enseigné. Aujourd'hui, il se souvient avec émotion de ces après-midi dans sa geôle, l'oreille collée au transistor pour écouter son équipe de Montpellier gravir, sans lui, les échelons jusqu'à l'élite. Un parcours victorieux que les dirigeants et ses équipiers du MHRC lui ont dédié.

Bien sûr, Laurent Vili, qui a joué aussi à Nîmes, est passé à côté d'une vraie carrière. Mais qu'importe ! Le seul match qu'il ne doit pas perdre, il le sait bien, c'est celui qui commence aujourd'hui à Nouméa. Un match, à l'issue très incertaine, qui va durer trois longues journées.

Christian VALOIS

lundi 10 mars 2008

"DROPS Montpellier (1) : Vili joker médical"

Titre le Midi Libre le 8 mars 2008.

DROPS
Montpellier (1) : Vili joker médical.- Le pilier droit Laurent Vili (30 ans), licencié à Nîmes, a paraphé un contrat avec le MHRC en qualité de joker médical, afin de palier à l'indisponibilité de Clément Baïocco, victime d'une rupture des ligaments croisés et out jusqu'à la fin de la saison. Le Néo-calédonien figurait dans les rangs du club en 2002-03, l'année de l'accession.

mardi 22 janvier 2008

"Le rugbyman Laurent Vili veut être jugé loin de Nouméa"

Titre le Midi-Libre.

NIMES PORTRAITS DE VILI LAURENT

Rugbyman dans l'équipe de Nîmes, après avoir joué dans le quinze de Montpellier, ce colosse doit comparaître au mois de mars devant la cour d'assises, pour un meurtre survenu en janvier 2002 en Nouvelle-Calédonie, lors d'affrontements armés opposant des Mélanésiens à son village de Wallisiens. Des affrontements que le pouvoir, sur place, n'a rien fait pour éviter.

Après avoir été incarcéré pendant un an, Laurent Vili, qui clame son innocence, se bat aujourd'hui pour être jugé en métropole, loin des tensions qui règnent encore à Nouméa. Des tensions qui selon son avocat ont fortement pesé sur le déroulement et les conclusions provisoires de l'enquête . « Je suis prêt à me battre et je n'ai plus qu'une hâte, c'est que le procès arrive. Mais je veux qu'il puisse être équitable. » A 31 ans, Laurent Vili, l'actuel pilier de l'équipe de rugby de Nîmes, s'apprête à vivre le match le plus important de sa vie.

Dans quelques semaines, ce colosse né en Nouvelle-Calédonie, originaire de Wallis-et-Futuna, doit comparaître en cour d'assises, pour un meurtre qu'il conteste. Le drame était survenu le 8 janvier 2002, à Mont-Doré, près de Nouméa, lors d'un affrontement armé entre Mélanésiens et Wallisiens.
Un mois plus tôt, la tension était montée entre ces deux communautés : des Mélanésiens de la tribu Saint-Louis donnent aux Wallisiens un mois pour évacuer ce village qu'ils occupent depuis cinquante ans. Pourquoi cet antagonisme ? « Il y a une grande différence culturelle entre Wallisiens et Mélanésiens. A un moment, on n'a pas accepté la différence de l'autre, et à cause du manque de dialogue, ça a explosé. » Le jour dit, sous l'oeil des gendarmes qui n'interviennent pas, des Mélanésiens armés tentent de franchir la rivière la Thy, et de part et d'autre, des dizaines de coups de feu sont échangés. Jean-Marie Goyetta, un Mélanésien, est blessé par balle à l'aine. Il mourra un mois plus tard, à l'hôpital.
Laurent Vili, qui était revenu en vacances dans son village, dont le père est le chef coutumier, sera désigné par des témoins comme étant le tireur. Arrêté le 22 août 2002, à Montpellier, où il joue alors, il sera incarcéré pendant un an avant d'être libéré sous contrôle judiciaire, avec interdiction de remettre les pieds en Nouvelle-Calédonie.
« La prison, ça a déchiré ma vie » explique Laurent Vili, qui a eu du mal à repartir sportivement depuis. « C'était dur, il fallait tenir. Je me suis accroché au club, à mes potes qui se battaient sur le terrain. Je suivais leurs résultats avec une semaine de décalage. » Car à Montpellier, un comité de soutien s'organise : le club joue avec des maillots siglés « Justice pour Lolo ». Une justice qui, pour Me Gilles Gauer, le défenseur de Laurent Vili, est pour l'instant plutôt mal partie : « Le procès qu'on veut nous imposer viole de façon gravissime les principes d'une justice démocratique », assène l'avocat montpelliérain. « C'est un peu Outreau sous les cocotiers, avec la raison d'Etat en plus. » Me Gauer relève les contradictions des témoins, la faiblesse des preuves matérielles et l'absence de certitude des experts sur la cause de la mort de la victime.
Mais surtout, il insiste sur ce qui est pour lui le point noir de l'enquête : « On ne veut pas faire apparaître l'incroyable défaillance de l'Etat : sur le territoire de la République Française, les autorités savaient qu'il allait y avoir une attaque armée, et on n'a rien fait. » Une décision dictée par « l'impératif du maintien de l'ordre en Nouvelle-Calédonie » qui pèserait toujours sur l'affaire. D'où sa demande d'un dépaysement du procès, théoriquement prévu en mars à Noumea. « S'il est jugé là-bas, il le sera par un jury tiré au sort sur la base de la population calédonienne, avec 50 % de Mélanésiens et 9 % de Wallisiens. Et de façon presque certaine, il y aura des troubles de l'ordre public. » Le procureur général de Noumea a refusé cette délocalisation, et l'avocat vient de saisir la cour de Cassation. En attendant sa décision, Laurent Vili s'interroge. « Le plus ahurissant, c'est l'abandon de l'Etat, qui était au courant et qui a laissé faire. Il a fallu qu'on s'organise, et maintenant on vient nous chercher pour nous juger, alors que ce serait à nous de juger les autorités. Que ce soit moi ou un autre Wallisien qui ait tiré, on était dans nos droits. Le Mélanésien qui est tombé, il est tombé chez nous, pas chez eux, et il était armé. C'était de la légitime défense, et tout ça sous l'oeil des gendarmes. »

jeudi 21 octobre 2004

Pour son retour au Rugby Laurent Vili, Vidi, Vici

Titre le Midi Libre le 21 octobre 2004 : Pour son retour

L'article complet est en annexe au format pdf.

vendredi 26 septembre 2003

Laurent Vili - les barreaux partout, la liberté dedans

Titre le Midi Libre le 26 septembre 2003

Les barreaux partout

L'article complet est en annexe au format pdf.

mardi 9 septembre 2003

Laurent Vili mis en liberté sous contrôle judiciaire - En attendant procès et opération

Le Midi Libre, le 9 septembre 2003

Le Midi Libre Le Midi Libre

A 14 h 11 : Laurent Vili arrive à la gare, libre...

9 septembre 2003 - Le Midi Libre :

Le Midi Libre

Le rugbyman montpelliérain est resté un an en prison. Placé sous contrôle judiciaire, il a retrouvé ses amis et Sarah, sa compagne.

Retrouvailles avec Sarh

La suite de l'article au format pdf en annexes.

mercredi 6 août 2003

Laurent Vili transféré à Fresnes

Presque un an après avoir quitté le territoire de la métropole encadré par des gendarmes pour rejoindre la Nouvelle-Calédonie, Laurent Vili a de nouveau foulé le sol de l'hexagone hier matin à 4 h 10. Mis en examen pour le meurtre de Jean-Marie Goyeta, en décembre 2001, lors d'affrontements inter-ethniques entre Mélanésiens et Wallisiens sur le Caillou, le pilier du Montpellier Hérault Rugby Club avait été placé en détention provisoire à Nouméa après son arrestation dans la préfecture régionale en août dernier.Et même si cet étudiant et son actif comité de soutien avaient toujours crié son innocence et pointé les points d'ombre du dossier (Vili a reconnu, en légitime défense, avoir tiré un coup de fusil en direction d'un homme portant une bandoulière alors que la victime n'en portait pas), aucune mesure de contrôle judiciaire n'avait été acceptée par le juge d'instruction sur place.Jusqu'à ce que l'épaule du Wallisien recommence à le faire souffrir. Opéré juste avant son arrestation, le pilier du MRC n'avait pu suivre de réelle éducation en prison. A tel point qu'une nouvelle intervention chirurgicale est impérative. Comme il en a le droit, le première ligne a refusé de se faire opérer sur l'île. Il a donc été escorté hier matin par deux gendarmes pour consulter le médecin-chef de l'établissement pénitentiaire de Fresnes (Val-de-Marne).« Vu l'état de son épaule, on ne se fait pas trop de soucis quant à la décision du docteur. Il faudra opérer en métropole », a commenté Michel Bonnaud, le président du Comité de soutien de Laurent Vili. De fait, le jeune espoir du rugby montpelliérain (25 ans) pourrait être placé sous contrôle judiciaire à Montpellier à la fin de ce mois afin d'y attendre la date de l'intervention chirurgicale.

Philippe MALRIC

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