Le Midi-Libre édition du 22 avril 2008

Le rugbyman montpelliérain est jugé pour le meurtre d'un Mélanésien.

Le procès doit durer trois jours. Trois jours pour tenter de comprendre ce qui sépare deux ethnies vivant sur la même terre depuis des décennies, trois jours pour disséquer les affrontements du 8 janvier 2002 qui ont coûté la vie à un jeune Kanak (Midi Libre d'hier). Sur le banc des accusés, Laurent Vili, cueilli sept mois après le drame à Montpellier où il jouait alors au rugby.

Hier, après la longue évocation des faits (18 feuillets), psychiatre et témoins se sont succédé à la barre et ont dressé un portrait flatteur du jeune rugbyman. Puis, face à des défenseurs très sceptiques, les enquêteurs ont expliqué pourquoi cinq mois se sont écoulés entre les faits et les premières constatations.

Enfin, et ce fut à l'évidence le moment fort de la journée, le président a interrogé Laurent Vili, très calme, sur la base des aveux que celui-ci a fait - pour protéger sa famille a-t-il expliqué ensuite - avant de se rétracter. Aujourd'hui, la journée sera consacrée à l'audition des experts. Et demain, les avocats des deux camps puis les jurés mettront un terme à ces débats et à six ans d'attente.