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samedi 6 décembre 2008

Laurent Vili deux fois acquitté titre les Nouvelles Calédoniennes

édition du 6 décembre 2008

acquitté

Lors du premier procès, les jurés avaient délibéré pendant deux heures. Cette fois, ils ont mis deux fois moins de temps pour parvenir à la même décision. Laurent Vili est un homme doublement acquitté.

Hier matin, deux secondes après les réquisitions de l’avocat général, une chape de plomb s’était abattue du côté droit de la salle, là où était rassemblé le camp Vili. « Six à huit ans de prison, ferme, avec mandat de dépôt. » En début de soirée, le même silence, presque irréel, s’est abattu après la réponse à la première question posée par la cour. Non, Laurent Vili n’est pas l’auteur du coup de feu qui a entraîné la mort de Jean-Marie Goyetta.
Un dossier mal engagé (pas de constatations immédiates, ni d’autopsie) et une enquête qui s’est raccrochée aux seuls aveux du suspect numéro un, « démoli et torturé » par son geste et qui, en admettant avoir tiré, « a voulu participer à la justice ». C’est l’image qu’on gardera de « l’affaire Vili ». Les jurés n’ont pas transigé. Le doute était suffisamment présent pour acquitter le rugbyman une deuxième fois.
Vendredi après-midi, tout comme ils l’avaient fait la veille, ses deux défenseurs ont continué à le distiller, ce fameux doute, « qui doit profiter à l’accusé », selon la formule consacrée. Deux éléments ont probablement fait pencher la balance : la thèse d’un deuxième tireur ayant atteint un second blessé. En l’occurrence Yann Palau, quelques minutes avant que Jean-Marie Goyetta ne soit touché. Dans la chronologie des faits telle que l’a relatée Me Frédéric de Greslan, c’est ce second blessé que Laurent vili aurait atteint. La défense a avancé un autre argument de poids : des cris et des pleurs venus de la rive kanak, entendus par Laurent Vili après son tir. Or jamais personne, côté victime, n’a fait état de ce fait après que Jean-Marie Goyetta s’est effondré. « On n’a aucune raison de mentir quand on s’accuse de la mort d’un homme », a résumé l’avocat. Laurent Vili, rongé par les remords, a donc avoué pour savoir. Me Gilles Gauer a enfoncé le clou. « Le seul tort de Laurent Vili, finalement, c’est d’avoir été honnête. » L’avocat du barreau de Montpellier a lui aussi repris le dossier. Les déclarations des frères Tafusimai, « ennemis mortels du clan Vili », qui ont enfoncé l’accusé. Le juge d’instruction qui « garde pour lui pendant plusieurs mois l’information sur le calibre de l’arme ». Et les « convictions des enquêteurs », qui auraient « précédé les investigations ». « Finalement, ce dossier, c’est le festival d’Avignon. Il y a le “ in ”, et il y a le “ off ”, qui est le plus intéressant, mais où la défense ne peut pas entrer, faute de ticket. » Là encore, l’image a sans doute fait mouche.

« Le seul tort de Laurent Vili, finalement, c’est d’avoir été honnête »

Un peu plus tôt dans la journée, l’avocat général avait lui aussi repris la chronologie des événements, en faisant part de ses certitudes. « Peut-on s’accuser de faits si on ne les a pas commis ? », s’est demandé Gilles Brudy. « On ne peut pas faire abstraction de ces aveux », a-t-il assuré, en les comparant aux « éléments objectifs ». Mais, finalement, c’est l’accusation qui a le plus parlé de Laurent Vili, hier. « Une excellente moralité, un sportif exceptionnel, louangé par ses amis. Mais ce n’est pas parce qu’on est exemplaire qu’on ne peut pas basculer. » L’avocat général avait joué la carte de la démonstration, la partie civile celle de la conviction. Ne pas juger un homme uniquement sur sa personnalité, « un modèle pour la communauté du destin commun » et sur un contexte « abominable des deux côtés ». C’est l’argumentaire qu’a développé Me Laurent Aguila. « Laurent Vili sait qu’il a fait du mal, c’est pour cela qu’il est rongé par le remords. Alors pourquoi, tout simplement, ne pas dire cette vérité ? Cela vous aurait permis de demander pardon, a-t-il dit en se tournant vers l’accusé. En fait, a poursuivi Me Aguila, la ligne de défense de Laurent Vili se résume à cette phrase : j’ai choisi d’être innocent. Mais ce n’est pas parce que l’accusé a le droit de mentir que vous avez le devoir de le croire », a-t-il lancé une dernière fois aux jurés. Avant que la cour ne se retire, Laurent Vili a présenté ses condoléances à la famille de la victime. « On a tous souffert, depuis sept ans. Est-ce qu’on va continuer comme ça ? » Hier soir, Félix, Dorine, Richard, Brenda et Alexia sont rentrés chez eux. Ils et elles ne sauront sans doute jamais qui a tué leur fils, leur mari, leur père.

Pierrick Chatel

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vendredi 5 décembre 2008

Procès Vili : L’arme du crime grande absente

Les Nouvelles Calédoniennes édition du 5 décembre 2008

Hier, il a beaucoup été question de la grande absente de ce procès : l’arme du crime. Autre (petite) difficulté : la position du tireur qui a atteint Jean-Marie Goyetta.

Les cassettes audio des écoutes téléphoniques et des disques informatiques. C’est tout ce qui se trouve dans la caisse des pièces à conviction. Le procès de Laurent Vili est un procès sans arme. Sans celle qui a entraîné la mort de Jean-Marie Goyetta, un mois après avoir été touché par un projectile tiré d’une carabine de grande chasse, du 270.
C’est ce calibre que Laurent Vili a toujours admis avoir eu en main, ce 8 janvier, au matin, lorsqu’il a tiré sur un homme, « à hauteur de la jambe, pour ne pas le tuer ». Jamais l’arme n’a pu être retrouvée. Elle aurait été utilisée par la communauté wallisienne jusqu’en août 2002, date de la garde à vue de l’accusé, à Montpellier. Après, mystère. Pour l’accusation, c’est le signe d’une dissimulation délibérée. Hier, l’audition appuyée de Petelo Laupua, qui aurait été le dernier à avoir tenu la 270, n’a fait qu’embrouiller les choses. « Mais non, moi j’avais une 300 », ou alors, « je ne sais plus qui a pris la carabine. » Bref, rien de tangible.
Passé cet écueil, il a fallu ensuite se pencher sur la position du tireur. Ce fut le second moment de la journée où il a été question d’un autre absent : Constant Dawano, l’oncle de Jean-Marie Goyetta qui était à ses côtés lorsqu’il est tombé. '' « Constant Dawano, il avait beaucoup d’idées. Mais il n’était pas vicieux. Il était sincère et cherchait des solutions. »''

Décédé le 14 septembre dernier, le seul témoin privilégié de cette affaire a finalement toujours dédouané l’accusé, alors qu’il n’y avait bien évidemment aucun intérêt. Et comme la veille, on a largement épilogué des deux côtés de la barre sur l’interprétation de ses déclarations : le tireur était du côté opposé à celui de Laurent Vili, la blessure de Jean-Marie Goyetta était celle d’une balle de moindre calibre, voire d’une arme automatique etc.
La question de la crédibilité de ses déclarations a donc été posée à l’un des enquêteurs de l’époque, cité comme témoin. « Dawano, il avait beaucoup d’idées, en a convenu le lieutenant Morichon. Mais ce n’était pas un vicieux. Je pense qu’il était sincère et qu’il cherchait réellement des solutions. » La défense saute à pieds joints. « Alors pourquoi ne pas avoir exploré les autres hypothèses qu’il avançait ? Ou pourquoi avoir laissé de côté celles qui n’allaient pas dans le sens des aveux de Laurent Vili ? La piste de l’homme en bleu qui s’enfuit ? Et les autres tireurs du secteur qui avaient, eux aussi, des 270 ? », ont insisté Mes Frédéric de Greslan et Gilles Gauer, qui ont lâché l’expression : instruction à charge. Contre eux, ils ont cependant un fait, têtu. L’absence de l’arme.
Hier, les auditions des témoins se sont déroulées jusque tard dans la soirée. Aujourd’hui, ce sera l’heure du réquisitoire et des plaidoiries. Le verdict est attendu dans la soirée.

Pierrick Chatel

jeudi 4 décembre 2008

Retour sur une enquête impossible

Les nouvelles Calédoniennes éditon du 4 décembre 2008

Hier, la cour d’assises est entrée au cœur du dossier. Les gendarmes ont détaillé les difficultés de l’enquête. Et Laurent Vili a expliqué sa vérité teintée de doutes et les raisons de ses aveux.

Finalement, la seule nouveauté du « dossier Vili » par rapport au premier procès, c’est l’absence du vieux Constant Dawano, décédé en septembre dernier. C’est l’oncle de la victime et, accessoirement, le seul témoin de l’instant où Jean-Marie-Goyetta est tombé, après avoir reçu la balle de 270 dans la hanche. Sa déposition doit être lue aujourd’hui, mais son témoignage a déjà donné l’occasion à chaque partie de tirer la couverture à soi. Il faut dire que sa version des faits disculpe Laurent Vili. Pour l’accusation et les enquêteurs, le vieux Dawano « était de bonne foi mais a difficilement pu fixer la position du tireur ». Pour la défense, « on n’a pas cherché à creuser la piste lorsque ce témoin essentiel a expliqué que le tir ne pouvait pas provenir de là où se trouvait Laurent Vili ». Même ce dernier n’a jamais pu déterminer cet emplacement exact : il n’a pas participé à la reconstitution, pour des raisons de sécurité. Et entre-temps, la végétation des lieux avait été transformée par le passage du cyclone Erica.

« Signer ces aveux, c’était pour venir devant la justice. Pour qu’elle dise si c’était moi. »

« C’est vrai qu’on n’a été aidé par rien du tout », a résumé le capitaine Carmona, qui commandait la brigade de recherches de Nouméa, à l’époque. Pas de constatations sur les lieux « parce que les gendarmes ne pouvaient pas entrer à Saint-Louis ». Pas d’autopsie sur le corps de la victime, immédiatement rendu à sa famille. Des témoins qui ont tardé à se manifester. « Ce n’était pas vraiment ce qu’on peut appeler une enquête normale ? », a interrogé Me Frédéric De Greslan, pour la défense, qui s’est demandé si « tout avait été mis en œuvre pour faire sortir la vérité ». L’avocat a un peu plus ajouté à la confusion dans l’esprit des jurés lorsqu’il a joué la carte d’un second blessé, le matin même où Jean-Marie Goyetta a été touché.
Hier, dans la matinée, Laurent Vili avait expliqué sa version des faits, ses remords et sa culpabilité après son coup de fusil et surtout, les raisons de ses aveux. « Je les ai signés pour ne pas me défiler. Je voulais aider la famille de Jean-Marie, parce que je vivais avec lui, dans ma tête et dans mon cœur. » Le doute avait ensuite envahi l’esprit de l’accusé. L’avocat général Brudy, sans doute comme beaucoup de monde, a eu du mal à comprendre ces aveux « altruistes ». « Vous croyez que vous rendez service à la famille de Jean-Marie en avouant puis en vous rétractant ? » « Il fallait que je vienne devant la justice pour savoir si c’était moi. » Vendredi, les jurés devront répondre à la question une seconde fois.

Pierrick Chatel

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« Ma vie avec un mort-vivant »

mercredi 3 décembre 2008

Laurent Vili, un accusé modèle

Les Nouvelles Calédoniennes édition du 3 décembre 2008

La première journée du procès en appel de Laurent Vili a été consacrée à l’étude de la personnalité d’un accusé « gentil, attachant et foncièrement bon ». En fin d’audience, la cour d’assises a abordé le contexte des faits, notamment par l’audition du commandant des forces de gendarmerie de l’époque.

« Il n’aurait jamais dû se trouver à cet endroit-là. Vraiment. » La phrase, répétée quatre ou cinq fois par l’expert psychiatre, qui a dressé un tableau « plus que normal » de l’accusé, a sans doute résonné dans la tête des jurés. Ce 8 janvier 2002, donc, Laurent Vili n’aurait jamais dû être en bordure de la Thy, dissimulé dans la végétation. Il n’aurait jamais dû mettre en joue un homme dans la lunette de sa 270, avant d’appuyer sur la détente, puis de se baisser brusquement, par peur d’une riposte.
Pourtant, invariablement, tous les témoins cités par la défense l’ont admis. « Dans sa situation, j’aurais fait la même chose », assure ainsi Denis Navizet, un ancien partenaire de Montpellier, même si l’affirmation a parfois été tempérée. « Dans une équipe de rugby, quand on est pilier comme l’est Laurent, on apprend à ne pas reculer, on fait face », a expliqué Jean-Michel Meunier, un ancien première ligne. Alors oui, pour ses amis, ce 8 janvier, « Lolo a fait face ». Même si tous ont d’abord eu du mal à croire à ce coup de fusil, qui ne cadre pas avec le Laurent qu’ils connaissent. Un homme que ses amis aiment « comme un frère » ou qui « représente tout ce que je souhaite que mes enfants deviennent ».

« Laurent, il représente tout ce que je souhaite que mes enfants deviennent »

Après avoir parlé de son enfance heureuse, des heures passées avec les gamins de la tribu, des valeurs transmises par sa famille, de son père, « un papa wallisien qui ne montre pas son affection, parce que ce serait un aveu de faiblesse », Laurent Vili a évoqué sa rencontre avec le monde sportif, « qui lui a permis de voyager », puis de son départ pour la Métropole avec Sarah, sa copine. Et de son changement, après son « retour de Saint-Louis », en janvier 2002. « Je n’étais plus le même, a-t-il expliqué. Sarah a fait de son mieux pour m’aider mais elle ne pouvait pas comprendre ce que j’avais vécu. On était devenus deux étrangers. On s’est séparés pour se reconstruire chacun de notre côté. » L’avocat général saisit l’occasion au vol. « Pas parce qu’il y avait des divergences sur vos déclarations ? ». Léger sourire en coin de l’accusé. « Non, je voulais la protéger. Je n’ai pas eu envie de la mêler à tout cela. Je lui ai dit que Jean-Marie, c’était peut-être moi. » A l’époque, Laurent Vili avait envisagé cette version de l’histoire.

Pierrick Chatel

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« Il fallait limiter les dommages collatéraux »

mardi 2 décembre 2008

Deux familles à la barre

Les Nouvelles Calédoniennes édition du 2 décembre 2008 une LNC

Acquitté en avril dernier pour le meurtre de Jean-Marie Goyetta, Laurent Vili sera de nouveau jugé à partir de ce matin et jusqu’à vendredi devant la cour d’assises de Nouméa. Dans chaque camp, on espère que le procès permettra de tirer définitivement un trait sur les violences de l’Ave Maria de 2002, à défaut de les effacer complètement.

Ce week-end, à Saint-Louis, on a organisé une fois encore un loto, pour récolter des fonds. « Le 24 septembre dernier, au pied du Mwa Ka, on avait vendu des plantes ou des bougnas pour financer les frais d’avocat », explique Ghislaine, la sœur de Jean-Marie Goyetta. Du côté de Laurent Vili, un comité de soutien s’est mis en place depuis plusieurs mois déjà. Cet élan de solidarité est porté à bout de bras par la famille du rugby, à laquelle appartient le solide Wallisien, toujours pilier à l’AS Bédarrides, l’équipe d’un petit village du Vaucluse qui joue en troisième division. Trois internationaux français ont d’ailleurs vendu aux enchères leurs maillots.
Si, dans chaque camp, la mobilisation ne se dément pas, on appréhende évidemment de manière bien différente cette seconde épreuve judiciaire. Même si des deux côtés, on veut fermement croire à cette formule qui peut sembler incantatoire mais que l’on ne cesse de répéter : le destin commun.

Dans la famille de Jean-Marie Goyetta, tombé sous une balle de gros calibre en janvier 2002, on se raccroche aux paroles de la procureure générale, qui avait fait appel de l’acquittement. « Elle a dit que le dossier contenait suffisamment de charges pour le condamner », assure Ghislaine, qui ne prononce pas ou très peu le nom de l’accusé. A Saint-Louis, tout le monde avait ressenti le verdict comme une véritable injustice. Passée l’incompréhension, les commentaires avaient rapidement glissé sur des considérations communautaires. « Quand des Kanaks sont poursuivis, la justice condamne. Pas quand ce sont des Wallisiens.»
Samedi, lorsque les responsables coutumiers ont accompagné Laurent Aguila — l’avocat qui défendra les parties civiles — près de la rivière où Jean-Marie Goyetta a été touché par le tir, ils ont ainsi reparlé de cette « teneur politique du dossier ». « Il faut que le conflit de l’Ave Maria s’arrête une bonne fois pour toutes. Il faut que cette affaire serve de référence à la communauté kanak », a dit l’un d’eux. « Et si ce n’est pas lui qui a tué Jean-Marie, il faut bien que ce soit quelqu’un », ajoute Ghislaine, dont la maman est décédée en janvier dernier. « Elle est partie sans savoir qui avait tué son fils », se désole-t-elle.

Laurent à Nouméa fin novembre 2008 Chez les Vili, on fait aussi bloc derrière le « petit » dernier d’une famille de six enfants, lui qui parle de sa jeunesse « heureuse et joyeuse » à la tribu de Saint-Louis. « C’était les meilleurs moments de ma vie, le bonheur », raconte Laurent Vili, qui se souvient des trois titres de suite remportés par l’équipe de la tribu, lorsqu’il en était le gardien de but, d’un tour de Calédonie avec ses coéquipiers kanak, d’une halte à Tiendanite, « sur la tombe de Jean-Marie ». Et puis, comme ses frères et sœurs, du bonheur qui s’écroule au moment des violences. « Mais ce conflit entre deux communautés, hors de Nouméa, ça n’intéressait personne, déplore Marianne, l’une des sœurs de Laurent. Que l’Etat ne soit pas intervenu pour protéger la simple liberté d’aller et venir, cela a remis en question beaucoup de nos convictions. » Pour l’acquitté Vili, le répit a été de courte durée, avant l’annonce de l’appel. « C’est devenu dur d’apprécier les moments simples de la vie depuis, parce que j’ai toujours cette épée de Damoclès sur la tête, confie-t-il. J’aimerais qu’on sorte de ce procès sans avoir de question à me poser. Pour pouvoir recommencer à vivre. » Sa famille, en proie aux doutes, a parfois vécu des moments difficiles. Laurent aussi. « Cette affaire a détruit mon couple. J’ai perdu la femme de ma vie ». Il n’en dira pas plus.

... l'article complet de Pierrick Chatel

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lundi 24 novembre 2008

Laurent Vili rejugé le 2 décembre

Article paru dans les Nouvelles Calédoniennes le 24 novembre 2008

Acquitté en première instance, Laurent Vili sera rejugé par la cour d’assises d’appel, qui doit se réunir à partir du 2 décembre prochain, pour la dernière session de l’année.

Ce devait être les frères Konhu, ce sera finalement Laurent Vili. Après l’empêchement de l’avocat métropolitain nouvellement désigné dans « l’affaire de l’île des Pins », le procès phare de l’ultime session d’assises de l’année sera en définitive consacré à l’un des prolongements dramatiques des violences de Saint-Louis, qui s’étaient déroulées en janvier 2002.
Laurent Vili, un membre de la communauté wallisienne, devra de nouveau s’expliquer sur la mort de Jean-Marie Goyetta, fauché près de sa maison d’une balle de calibre 270. Il avait été acquitté en avril dernier, au terme de trois jours de procès. Mais quelques jours plus tard, le parquet général avait annoncé qu’il interjetait appel. « En dépit des débats, je considère que le dossier contient des charges suffisantes et je souhaite aller jusqu’au bout de la logique judiciaire », avait justifié Annie Brunet-Fuster, la procureure générale.

« Je considère que le dossier contient des charges suffisantes et je souhaite aller jusqu’au bout de la logique judiciaire »

L’audience du premier procès avait laissé planer une certaine confusion entre les différentes versions des témoins, directs ou indirects, de la scène. Par ailleurs, les gendarmes n’avaient pas pu immédiatement effectuer les constatations techniques habituelles sur la scène de crime, contexte tendu oblige. Un point bien embarrassant pour une enquête criminelle, puisque ce point de départ conditionne pour une bonne part la poursuite des investigations.
L’accusé avait ensuite été interpellé sept mois après les faits, alors qu’il se trouvait en Métropole. Il était présent à l’Ave Maria au moment du drame et faisait partie des tireurs côté wallisien. Placé sur écoute téléphonique, il avait indiqué à ses proches qu’il se considérait comme le meurtrier éventuel. Avant de revenir sur ses déclarations. En l’absence d’arme et de preuves scientifiques, le suspect numéro un avait été remis en liberté sous contrôle judiciaire au bout d’un an de détention.
Le procès doit se dérouler du mardi 2 au vendredi 5 décembre. La défense sera assurée par Mes Gilles Gauer, du barreau de Montpellier, et Frédéric de Greslan. La partie civile sera représentée par Me Laurent Aguila. C’est l’avocat général Gilles Brudy qui soutiendra l’accusation et Jean-Michel Stoltz qui présidera les débats.

Pierrick Chatel

Laurent s'est envolé ce matin pour Nouméa... Bon courage !

mercredi 7 mai 2008

Le mouvement des citoyens calédoniens « s’insurge » contre l’appel du parquet général

Les Nouvelles Calédoniennes

Dans un communiqué, le mouvement des citoyens calédoniens « s’insurge » contre l’appel du parquet général dans l’affaire Laurent Vili. « Dans sa prise de décision, la procureure générale a-t-elle usé de toute la sagesse requise dans un contexte tel que celui de la Nouvelle-Calédonie ? », s’interroge le président de cette association, Tino Manuohalalo. « Cinq ans ont passé depuis les événements de l’Ave Maria et la communauté wallisienne et futunienne continue d’être humiliée et de subir les conséquences de cette exclusion orchestrée dans l’indifférence totale de l’État et des institutions locales. Plusieurs de ces familles désœuvrées sont actuellement menacées d’expulsion de leurs logements. » Et le communiqué d’assurer que cette communauté est devenue le « bouc émissaire et la victime d’un contentieux existant entre l’État et les partis politiques », avant de prophétiser : « La position critiquable de la justice associée aux différentes déclarations et manifestations hostiles des partis politiques indépendantistes rendent difficile voire impossible la perspective de voir un jour se concrétiser le fameux destin commun et harmonieux gravé dans l’accord de Nouméa »

lundi 5 mai 2008

Le parquet général pas d’accord

Paru dans les Nouvelles Calédoniennes

« Il s’agit, pour le parquet, d’être logique avec les poursuites qu’il a initiées. Je souhaite qu’on aille jusqu’au bout de la logique judiciaire. » Voilà comment Annie Brunet-Fuster, procureur général, a expliqué sa décision de faire appel de l’acquittement de Laurent Vili. Le rugbyman avait été jugé pendant trois jours, à la fin du mois dernier, pour le meurtre de Jean-Marie Goyetta en janvier 2002, lors des affrontements interethniques qui avaient secoué la tribu de Saint-Louis. « Logique dans les poursuites », même si personne ou presque n’avait compris le sens des réquisitions prises à l’audience par le ministère public : cinq ans de prison avec sursis. « Beaucoup d’entre nous auraient fait ce qu’il (Laurent Vili) a fait, mais il n’en avait pas le droit », avait conclu Robert Blaser, au terme d’un réquisitoire où il avait manifestement distingué un tir fait pour tuer d’un tir de riposte, une réaction d’autodéfense. Dans la logique du ministère public, le tir de Laurent Vili relevait de la seconde option. Au lendemain du verdict, la communauté mélanésienne de Saint-Louis avait manifesté son mécontentement. Mercredi dernier, au cours d’une marche, le « comité de soutien des prisonniers de Saint-Louis » avait crié à la « justice coloniale ». Pourtant, la procureur générale a pris soin de préciser que sa décision n’était pas destinée à donner des gages à la communauté kanak. Argument réfuté par la défense de Laurent Vili.

vendredi 2 mai 2008

Laurent Vili sera jugé une seconde fois

Les nouvelles Calédoniennes édition du 2 mai 2008

Il y aura un second procès Vili. Mercredi, le parquet général a annoncé qu’il allait faire appel de l’acquittement de Laurent Vili, jugé la semaine dernière devant la cour d’assises pour le meurtre de Jean-Marie Goyetta.

La justice n’en a pas fini avec les violences de Saint-Louis. Mercredi, Annie Brunet-Fuster, la procureure générale, a annoncé qu’elle allait faire appel de l’acquittement prononcé par la cour d’assises à l’encontre de Laurent Vili. La semaine dernière, ce rugbyman, pilier de l’équipe de Montpellier, avait été jugé pendant trois jours pour le meurtre de Jean-Marie Goyetta, un Mélanésien mortellement blessé par balle en janvier 2002, lors des violences qui avaient opposé les communautés kanak et wallisienne de l’Ave Maria. Selon Annie Brunet-Fuster, c’est la « logique judiciaire » qui a d’abord prévalu dans sa décision, « difficile à prendre ». « J’ai considéré qu’en dépit des débats, le dossier contient des charges suffisantes à l’encontre de Laurent Vili », a d’abord indiqué la procureure générale, qui souhaite ainsi « ne pas s’arrêter au milieu du gué en allant jusqu’au bout de la logique judiciaire ». Dans cette optique, le parquet général n’envisage pas de demander de supplément d’information. Le dossier jugé en appel restera donc le même. Le second point de son argumentaire, c’est celui de l’ordre public. « En raison des importants évènements qui se sont déroulés après le décès de Jean-Marie Goyetta, je considère qu’il est de mon devoir d’établir des responsabilités dans cette mort .» Annie Brunet-Fuster a par ailleurs indiqué que cet appel n’était pas destiné à donner des « gages » à la communauté kanak de Saint-Louis. « Avec cette décision, je ne cherche pas à rentrer dans le conflit, mais uniquement à répondre à une question d’intérêt public. »

Pierrick Chatel

Me Frédéric de Greslan : « Laurent Vili sacrifié sur l’autel de l’ordre public »

« L’argumentation du parquet général est parfaitement fumeuse. Quitte à aller jusqu’au bout de la logique judiciaire, autant systématiquement faire appel de tous les jugements de première instance, bons ou mauvais pour le ministère public. Or s’il y a eu procès, c’est justement pour faire le tri parmi les éléments du dossier. Là, les jurés ont considéré que les charges retenues à l’encontre de Laurent Villi ne tenaient pas. Pour nous, cette décision n’est qu’un cache-misère qui masque les vraies raisons de cette décision : on a peur de la réaction des Kanak de Saint-Louis. Et on sacrifie donc Laurent Vili sur l’autel de l’ordre public. »

Me Maxime Guérin-Fleury : « Une bouffée d’espoir donnée à la famille Goyetta »

« Nous espérions tous cette décision, nous nous en félicitons donc. C’est une bouffée d’espoir donnée à la famille de Jean-Marie Goyetta, qui n’a compris ni la décision de la cour d’appel, ni les demandes du ministère public lors de l’audience, lorsqu’une peine de cinq ans avec sursis avait été requise. Pourtant, le dossier contient beaucoup d’éléments à charge, même si on peut ne pas forcément être convaincu de l’intention de tuer. Pour la famille de la victime, l’interrogation demeurait sur le message délivré par la justice après cet acquittement. Nous sommes donc prêts à repartir pour un second procès. »

vendredi 25 avril 2008

Laurent Vili : «Le soutien des montpelliérains m'a donné la force»

Le Midi-Libre édition du vendredi 25 avril 2008

Laurent Vili, joint par téléphone à Nouméa, hier, au lendemain du verdict

« J'ai été comme assommé au moment du verdict. J'ai eu du mal à réaliser. Ce n'est que le lendemain, en prenant mon petit neveu dans mes bras, que j'ai réalisé que c'était fini. Je n'ai pas pu retenir mes larmes. » Il est minuit à Nouméa, il pleut des cordes, et Laurent Vili, le rugbyman montpelliérain, réagit à son acquittement par la cour d'assises de Nouvelle-Calédonie, pour le meurtre en 2002 de Jean-Marie Goyetta, un Mélanésien tué lors d'affrontements interethniques.

« En arrivant ici, j'étais confiant et déterminé. J'étais sûr de mon innocence, car ce n'était pas Jean-Marie que j'avais ce jour-là dans ma ligne de mire. » Une certitude qui s'est finalement imposée, après trois jours de procès. « Il a fallu batailler, parce que malgré les faits et les témoignages qui démontaient les charges, l'avocat général voulait une condamnation, même avec sursis, et pour moi, il n'en était pas question. » Quelles vont être les conséquences, sur place, de cet acquittement ? « Il a été prouvé par le procès que ce n'était pas moi qui ait tué. Le retour à la sérénité passe par la recherche de la vérité. »
Laurent Vili, pour l'instant, a déjà les yeux fixés sur Montpellier. « Je reviens lundi, à l'attaque, pour finir avec Montpellier la saison du Top 14. C'est vrai que j'ai très envie aussi de revenir vivre en Calédonie, d'être proche de ma famille. Maintenant, je dois réinventer ma vie. Je veux remercier tous ceux, au club de Montpellier, qui m'ont soutenu, parce qu'ils m'ont donné la force d'affronter toutes ces épreuves. »
Recueilli par F. B.

Sarah A lire aussi :

jeudi 24 avril 2008

Laurent Vili acquitté

Les Nouvelles Calédoniennes édition du 24 avril 2008 emotion

Dernier jour du procès Vili, hier aux assises. Le matin, de nouveaux témoignages ont renforcé l’hypothèse d’un second tireur, qui innocenterait l’accusé. L’après-midi, le ministère public a requis cinq ans avec sursis. Cette nuit, après deux heures de délibéré, les jurés ont prononcé l’acquittement.
... la suite

A lire aussi :

Retour sur le réquisitoire de l’avocat général, Robert Blaser, qui défendait le point de vue du ministère public. Pendant plus d’une heure, il a évoqué les points qui ont fait débat au cours de l’audience.

Maître De Greslan défendait les intérêts de Laurent Vili, « victime expiatoire » , selon lui. À cause du prolongement nocturne du procès, nous n’avons pas pu entendre la plaidoirie du second avocat de l’accusé, Me Gauer.

Ailleurs :

mercredi 23 avril 2008

Témoignages contradictoires dans l'affaire Laurent Vili

Les Nouvelles Calédoniennes édition du 23 avril 2008

Au deuxième jour du procès de Laurent Vili, les principaux témoins ont décrit l’instant où Jean-Marie Goyetta a été abattu, en janvier 2002, à Saint-Louis. Leurs versions n’ont pas permis de fixer une chronologie précise. Le débat reste ouvert.
... Suite

A lire aussi :

mardi 22 avril 2008

L’histoire d’un « gentil garçon » qui tenait un fusil

Les nouvelles calédoniennes édition du 22 avril 2008

Le procès de Laurent Vili s’est ouvert avec l’examen de la personnalité de l’accusé, hier aux assises de Nouméa. Les témoins et l’expert psychiatre ont tous dépeint un « gentil garçon » apprécié partout où il passe. L’évocation des faits fut plus laborieuse. ...La suite

Lire aussi : Une affaire "spéciale"

lundi 21 avril 2008

Le procès Vili rouvre les plaies de Saint-Louis

Les Nouvelles Calédoniennes

Le premier meurtre lié aux affrontements de Saint-Louis va être jugé à Nouméa, à partir de ce matin. Six ans après les faits, la cour d’assises a trois jours pour dire si le Wallisien Laurent Vili a tué Jean-Marie Goyetta, le 8 janvier 2002. Des souvenirs douloureux pèseront sur le procès. Ils le font déjà : d’un côté, on dénonce l’abandon des Wallisiens par l’État lors des combats, de l’autre, on craint un jugement partial, parce que trop « politique ».

Tout s’est accéléré, en ce matin de janvier près de la Thy. Le jour se levait à peine quand Jean-Marie Goyetta, 26 ans, est sorti de chez lui puis est tombé dans l’herbe, une balle de calibre 270 fragmentée dans les viscères. C’était le 8 janvier 2002 et Saint-Louis sentait déjà la poudre. La nuit précédente, de violents affrontements avaient éclaté, auxquels la victime n’aurait pas participé, selon ses proches. « Il venait de se lever et se préparait pour aller au travail », affirme Emmanuel Tein, grand chef du district de l’île Ouen.
Quand Jean-Marie Goyetta a rejoint les urgences, personne ne se doutait que le jeune employé d’Arbé serait le premier mort des affrontements débutés un mois plus tôt. Mais un mois après le tir, il rend l’âme. Sa compagne devient une veuve, ses trois enfants des orphelins. Et les violences repartent, alors que des négociations étaient lancées.
Six années ont passé. Les Wallisiens de l’Ave Maria ont brûlé leurs maisons, sont partis. Le temps du jugement est arrivé. À la barre, ce matin, la foule verra se dresser Laurent Vili, 31 ans. Seul suspect inquiété dans cette affaire, son nom est apparu dans le dossier huit mois après le début de l’enquête. De Nouméa, on avait appris qu’un rugbyman du Montpellier Racing Club s’était fait cueillir chez lui par la gendarmerie, sur ordre du juge calédonien en charge de l’instruction.
À Saint-Louis, ce solide fils de chef coutumier est connu. Il était parti en France à 20 ans pour s’inscrire à l’université de Montpellier. Ses qualités athlétiques et les 120 kg qu’il arborait à l’époque lui ont ouvert les portes du rugby professionnel.
Comme Jean-Marie Goyetta, Laurent Vili se posait en modèle pour les jeunes de sa communauté. Les anciens se souviennent aussi qu’il jouait au football dans l’équipe de la tribu… avec un certain Goyetta, Jean-Marie. Lui, le costaud, échangeait des passes avec Jean-Marie, l’artiste du ballon.

En septembre 2003, il commence à préparer son procès

Un mois avant les faits qui lui ont valu d’être inculpé, il était rentré de Métropole. La maison familiale avait brûlé, et il s’inquiétait pour les siens. Le matin du meurtre, des témoins affirment l’avoir aperçu.
Mais c’est une conversation téléphonique qui le trahira. Placé sur écoute, il confie à un proche qu’il pense être celui qui tenait l’arme du crime. Arrêté, il se rétracte devant les gendarmes mais passera un an en détention provisoire. À sa sortie, en septembre 2003, il commence à préparer son procès. Y compris dans la presse métropolitaine, à laquelle il livre sa version des faits.
« J’ai tiré deux fois sur quelqu’un qui avait une bandoulière, déclare-t-il dans l’hebdomadaire Midi Olympique, en 2004. La personne n’est pas tombée, je n’ai plus tiré après. ... J’ai cru que ça pouvait être moi, mais Jean-Marie ne portait pas de bandoulière. » Un comité de soutien s’est monté, entre Nouméa et la Métropole. Ses coéquipiers du rugby ont fait floquer un maillot « Justice pour Lolo », son surnom de vestiaire. Et son avocat, Me Gauer, parle d’un « Outreau sous les cocotiers » à propos du procès à venir, « avec la raison d’État en plus parce que les autorités savaient qu’il allait y avoir une attaque armée, et qu’elles n’ont rien fait (*)». Il met aussi en doute les causes réelles de la mort, un mois après son admission aux urgences. Côté enquête, on n’a retrouvé que des fragments de balle, mais l’arme du crime, jamais.
Il y a peu de chances que ces questions soient abordées dès aujourd’hui. La première journée de ce procès en trois actes devrait à peine suffire pour tirer les jurés au sort, lire l’ordonnance de mise en accusation et aborder la personnalité du témoin.

(*) Midi Libre, édition du 22 janvier 2008.

Marc Baltzer

jeudi 24 juillet 2003

Banderolles et applaudissements

24 juillet 2003 - Les Nouvelles Calédoniennes :
Extrait de l 'article "Etat de grâce sur la place des cocotiers" concernant la visite du président de la république le 23 juillet à Nouméa...

Chiraca Noumea Mame M

Podium

jeudi 22 mai 2003

La balle de Jean-Marie Goyeta a enfin parlé

Titre les nouvelles calédoniennes le 21 mai 2003

Nouvelle-Calédonie / Justice

La balle de Jean-Marie Goyeta a enfin parlé Les fragments de balle retrouvés dans le corps de Jean-Marie Goyeta proviennent d’une arme de 270, affirme le parquet de Nouméa. C’est le calibre utilisé par Laurent Vili, lors des affrontements de Saint-Louis. Mais aussi par beaucoup d’autres, répondent ses sympathisants.

La balle qui a tué Jean-Marie Goyeta, début 2002 à Saint-Louis, était du même calibre (270) que le fusil utilisé par Laurent Vili. C’est l’information rendue publique par le parquet de Nouméa à la veille de la tenue d’une marche de soutien au rugbyman wallisien mis en examen et incarcéré depuis août 2002 pour le meurtre du jeune Mélanésien. Depuis des mois, Laurent Vili clame son innocence en s’appuyant notamment sur les incertitudes liées à l’arme du crime et à la balle. Il a toujours reconnu avoir tiré ce jour-là. Mais avec une carabine 270, alors que les premiers éléments de l’enquête privilégiaient une balle de plus petit calibre (222 ou 243). En confirmant la présence d’une balle de 270, l’enquête vient donc de priver le rugbyman d’un argument de défense important. Mais dans l’entourage de Laurent Vili, on fait valoir que le calibre 270 est un des plus répandus en Calédonie et que de nombreuses personnes en ont fait usage lors des affrontements de Saint-Louis.

Extraction dangereuse

L’information délivrée par le parquet contribue également à éclairer une zone d’ombre de l’enquête. L’absence d’autopsie initiale et l’absence de balle dans le corps de la victime. A en croire le communiqué du parquet, la présence des fragments du projectile avait été détectée lors des radiographies effectuées au CHT Gaston-Bourret pendant l’hospitalisation du jeune Mélanésien. Mais cet élément capital n’avait pas été révélé par les médecins aux enquêteurs. Pourquoi ces fragments de balle n’ont-ils pas été ext-raits du vivant de Jean-Marie Goyeta au cours des opérations chirurgicales ? Il semblerait, selon nos sources, que ces morceaux de métal ne pouvaient être atteints par le bistouri sans risquer de tuer le malheureux. Certains étant trop près de la moelle épinière. Ignorant qu’il y avait une balle à trouver dans le corps de Jean-Marie Goyeta, les responsables de l’enquête judiciaire renonceront à faire pratiquer une autopsie.

A la recherche d’un légiste

Le blessé meurt dans la nuit du 2 au 3 janvier 2002. On est au milieu des grandes vacances et du week-end. Il n’y a pas de médecin légiste disponible sur le territoire. En faire venir un nécessiterait plusieurs jours. Mais la famille et les amis du défunt réclament le corps avec impatience et colère. Des jeunes de Saint-Louis stationnent jour et nuit au pied du CHT. L’ambiance est explosive. On craint un embrasement général. La dépouille de Jean-Marie Goyeta sera donc rendue sans autopsie à ses proches. Conséquence, il faudra attendre 15 mois pour déterminer le calibre sur la base d’éléments tangibles. C’est donc du 270. Le calibre utilisé par Laurent Vili. Mais aussi par d’autres. Et comme l’arme du crime n’a pu être ni saisie ni analysée, et qu’il est sans doute un peu tard pour le faire, la balle enfin reconstituée ne sera finalement pas très bavarde.

Quinze mois pour une autopsie

• 8 décembre 2001, des membres de la tribu mélanésienne de Saint-Louis attaquent le village wallisien voisin. Incendies, coups de feu, barrage de la route principale, les gendarmes prennent position entre les deux communautés ; • 8 janvier 2002, à l’issue d’une nuit où de nombreux coups de feu sont échangés, Jean-Marie Goyeta est atteint d’une balle dans le ventre. • 3 février 2002, Jean-Marie Goyeta meurt des suites de ses blessures après plusieurs semaines de coma. Il est enterré le 5 février à Saint-Louis sans avoir été autopsié. Les premiers experts penchent pour une balle de petit calibre. • Août 2002, Laurent Vili est arrêté à Montpellier. Transféré à Nouméa il est mis en examen pour le meurtre de Jean-Marie Goyeta puis incarcéré. Après avoir admis être l’auteur « possible » du meurtre, et reconnu avoir tiré, il revient sur ses aveux et affirme avoir utilisé du gros calibre. • 30 avril 2003, après des semaines de négociation avec la famille de Jean-Marie Goyeta, le corps du défunt est exhumé et autopsié. Neuf fragments de balle sont prélevés. Il s’agit de gros calibre.

Ph.F.

Le communiqué du parquet

Voici le texte du communiqué rendu public hier par le procureur de la République Robert Blaser.

« A la suite de l’exhumation et de l’autopsie du corps de Jean-Marie Goyeta, le 30 avril 2003, neuf fragments d’un projectile ont été extraits du bassin de la victime. La présence de ces fragments avait été décelée par radiographie durant l’hospitalisation de M. Goyeta, sans que cette information ait été portée à la connaissance des enquêteurs avant l’inhumation. « L’examen de ces prélèvements a été confié à l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale à Rosny-Sous-Bois. Le pré-rapport en date du 15 mai conclut que le diamètre du projectile correspond aux munitions de calibre 270. Il ne correspond pas aux munitions de calibre 264 et 280. De même, les munitions de calibre 222, 223 et 243 sont formellement exclues. « Il convient de rappeler que Laurent Vili a toujours déclaré avoir utilisé une arme de calibre 270 au moment des faits. »

mercredi 7 mai 2003

Des fragments de balles extraits du corps de Jean-Marie Goyeta

07 mai 2003 - Les Nouvelles Calédoniennes :

Des fragments de balles extraits du corps de Jean-Marie Goyeta

vendredi 2 mai 2003

le corps de Jean-Marie Goyeta exhumé

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lundi 7 avril 2003

Laurent Vili a-t-il tué Jean-Marie Goyeta ?

07 avril 2003 - Les Nouvelles Calédoniennes :

Laurent Vili a-t-il tué Jean-Marie Goyeta ?

lundi 2 décembre 2002

Revue de presse