Comité de soutien à Laurent Vili

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lundi 5 mai 2008

Pour se souvenir et comprendre

Aujourd'hui c'est le vingtième anniversaire de l'assaut meurtrier de la grotte de Gossanah dans l’île d’Ouvéa en Nouvelle Calédonie. Il y eu 25 morts, 19 militants kanak, 4 gendarmes et 2 militaires.
Les évènements avaient commencé en avril. En réaction à la répression forcenée du mouvement indépendantiste par Bernard Pons, alors ministre des DOM-TOM, des indépendantistes kanak attaquèrent la gendarmerie de Faouyé sur l’île d’Ouvéa le 22 avril 1988, tuant 4 gendarmes et en capturant 27 autres.
Le 5 mai, les troupes d’élite de l’armée française et le GIGN prirent d’assaut la grotte de Gossanah pour délivrer les otages, causant la mort de 2 militaires et de 19 indépendantistes kanak.
Michel Rocard, alors nouveau Premier ministre, envoya une “mission du dialogue” en Nouvelle-Calédonie. Les Accords de Matignon seront signés le 26 juin de la même année entre les indépendantistes, les loyalistes et l'Etat français, et seront suivis dix ans après, le 5 mai 1998, par l’Accord de Nouméa.

A l'occasion de ces anniversaires, le sénat a été l'hôte, les 25 et 26 avril, d'un colloque consacré aux "textes fondateurs de la Nouvelle-Calédonie d'aujourd'hui"

Rocard et Lafleur

A lire :

mercredi 9 avril 2003

Rappel des faits

Contexte général :

A Saint Louis cohabitent depuis plus de 40 ans deux communautés françaises du Pacifique : 

  • D’une part les Mélanésiens de la tribu de Saint Louis composée de Kanaks originaires de différentes régions de la Nouvelle Calédonie (Touho, Yahoué, Ile Ouen, Boulouparis, Païta etc...). Ils occupent près de 400 hectares rétrocédés par l’Etat français.
  • D’autre part, des Wallisiens et Futuniens originaires du Territoire français d’outre Mer de Wallis et Futuna, installés à l’origine par l’Eglise catholique sur des terres appartenant à la mission. Ils occupent aujourd’hui 23 hectares.
    Ces deux communautés voisines sont géographiquement séparés par une rivière : La Thy.

Chronologie des événements qui se sont déroulés depuis le 8 décembre 2001 :

Dans la nuit du 7 au 8 décembre 2001, plusieurs dizaines de mélanésiens armés d’armes à feu et d’ armes blanches traversent la rivière et pénètrent dans les maisons situées aux abords de la dite rivière. Les habitants, hommes, femmes, enfants et vieillards sont sauvagement agressés puis chassés. Leurs maisons sont toutes brûlées, leurs animaux sont égorgés et pendus sur des piquets, des hommes sont blessés par des tirs de fusil et des coups de hache.
Ces évènements n'ayant pas été immédiatement réprimés par les forces de l'ordre, les Wallisiens ont très vite évacué femmes et enfants tandis que les hommes commençaient à organiser leur défense, décidés à ne pas se laisser chasser sans résistance d’un village où ils vivaient depuis plus de 40 ans pour les plus anciens.
Les forces de l’ordre ont pendant ce temps pris position sur la route principale RP1 et uniquement du côté de la communauté wallisienne ; la communauté mélanésienne a toujours refusé la présence de ces dites forces au sein de sa tribu.
Toute la journée du 8 décembre 2001 a été ponctuée par des coups de feu et 2 wallisiens ont été blessés par balle.
Les responsables mélanésiens ont ensuite fait savoir qu’ils donnaient un délai d’un mois à l’ensemble de la communauté wallisienne et futunienne, soit plus de 1000 personnes, pour partir définitivement de Saint-Louis, sans quoi ils les chasseraient par la force.

Quelques photos extraites de l'article du lundi 10 décembre 2001 "Affrontements ethniques à Saint -Louis" paru dans le journal "Les nouvelles caledoniennes".
  
Les habitations brûlées. Sur la chaussée, le cadavre d'un chien.

Le mois qui a suivi a été ponctué d’agressions diverses envers les Wallisiens et également envers les riverains de la commune du Mont-Dore qui empruntent la route principale RP1 laquelle passe aux abords immédiats de Saint-Louis. Il est à noter que plus de 120 plaintes ont été déposées par ces riverains et qu’un collectif s’est même organisé pour sensibiliser les autorités à ce problème. Ce collectif envisageait d’ailleurs, au plus fort des exactions de s’armer et de se rendre sur les lieux afin de « régler le problème».

Les Nouvelles Caledoniennes - Saint-Louis: la route de la peur

Un mois plus tard, dans l’après midi du 7 au 8 Janvier 2002, date échéance de l’ultimatum, des échanges de coups de feu entre les deux communautés ont eu lieu. Ces échanges ont duré une bonne partie de ta nuit.
C’est alors que des membres de la communauté wallisienne sont allés demander de l'aide auprès des gardes mobiles, afin d’être protégés. Ces derniers, présents sur les lieux à ce moment là, leur ont répondu « Nous n’avons pas reçu d'ordres, assurez votre protection vous-même». En effet, les forces de gendarmerie n’avaient pas pour consigne d’intervenir.

Au petit matin, des échanges plus soutenus ont eu lieu ; des mélanésiens armés ont à nouveau traversé la rivière et ont attaqué la communauté wallisienne. Les Wallisiens se sont défendus. C’est à ce moment là que Jean-Marie Goyetta a été blessé par balle. II est décédé à l’hôpital territorial 25 jours plus tard.

Laurent Vili a été accusé du meurtre puis incarcéré en isolement à Nouméa pendant près d'une année pour ensuite être transféré à Fresnes pour raisons de santé ....

Portail d'entrée du camp Est ou Laurent a été incarcéré en isolement 

Ce qu'il reste de la maison de la famille Vili après les évènements de décembre 2001, des ruines... C'était une ancienne scierie, patrimoine de la Nouvelle-Calédonie, construite fin 19ème début 20ème siècle.

Nous remercions JHP pour toutes ses photos.