Paru dans les Nouvelles Calédoniennes

« Il s’agit, pour le parquet, d’être logique avec les poursuites qu’il a initiées. Je souhaite qu’on aille jusqu’au bout de la logique judiciaire. » Voilà comment Annie Brunet-Fuster, procureur général, a expliqué sa décision de faire appel de l’acquittement de Laurent Vili. Le rugbyman avait été jugé pendant trois jours, à la fin du mois dernier, pour le meurtre de Jean-Marie Goyetta en janvier 2002, lors des affrontements interethniques qui avaient secoué la tribu de Saint-Louis. « Logique dans les poursuites », même si personne ou presque n’avait compris le sens des réquisitions prises à l’audience par le ministère public : cinq ans de prison avec sursis. « Beaucoup d’entre nous auraient fait ce qu’il (Laurent Vili) a fait, mais il n’en avait pas le droit », avait conclu Robert Blaser, au terme d’un réquisitoire où il avait manifestement distingué un tir fait pour tuer d’un tir de riposte, une réaction d’autodéfense. Dans la logique du ministère public, le tir de Laurent Vili relevait de la seconde option. Au lendemain du verdict, la communauté mélanésienne de Saint-Louis avait manifesté son mécontentement. Mercredi dernier, au cours d’une marche, le « comité de soutien des prisonniers de Saint-Louis » avait crié à la « justice coloniale ». Pourtant, la procureur générale a pris soin de préciser que sa décision n’était pas destinée à donner des gages à la communauté kanak. Argument réfuté par la défense de Laurent Vili.