Ce compte rendu de la première journée du procès arrive en décalage par rapport à celui de la deuxième, quoiqu'il en soit voilà ce qu'il s'est passé ce jour là :

La première journée plante clairement le décor :

  • Le président du tribunal parait être beaucoup plus professionnel que lors du premier procès.
  • Les jurés sont cette fois au nombre de 12 (neuf pour le premier procès)
  • Un avocat général beaucoup plus présent et incisif que son prédécesseur
  • Idem pour la partie civile

La journée a débuté par la lecture de l'acte d'accusation durant laquelle Lolo a déjà du répondre à toute une série de questions.

Ensuite est venu le tour des témoins de personnalité (vos serviteurs). La grande nouveauté pour nous a été de nous faire cuisiner par l'avocat général et celui de la partie civile. Les questions tournaient autour de la comptabilité entre la description que nous faisions de Laurent et le fait qu'il ai pu prendre une arme et tirer, qu'aurions nous fait à sa place ? Exercice pas facile mais en parlant avec notre cœur nous nous en sommes bien sortis.

Le psychiatre est ensuite intervenu sur l'enquête de personnalité. Ses conclusions se passent de commentaires dans la mesure où il a dit que Laurent était plus normal que lui et qu'il se demandait si dans la même situation il n'aurait pas fait la même chose !

Nous avons ensuite eu droit à la lecture des vérifications faites sur la personnalité de Laurent durant laquelle le président a balayé un certain nombre de témoignages bien sur tous en faveur de Laurent, avec entre autre : Thierry Perez, Pascal Mancuso, Nicolas Barbaz, Didier Nourault, …

La cour s'est ensuite attachée (chose qui n'avait pas forcément été mise en évidence lors du premier procès) à déterminer et clarifier le contexte des faits.

Nous avons vu défiler à la barre (physiquement et par visio-conférence) un certain nombre de représentants de l'ordre publique (le colonel Travers ainsi que deux gendarmes en charge des escadrons présents sur le site au moment des faits). On apprend que plusieurs stratégies semblent avoir été élaborées sans que véritablement une seule d'entre elles soit mise en application… en substance on était présent mais on n'a rien fait ! On a senti planer l'ombre des événements d'Ouvéa sur ce conflit, puisque de l'aveu même des acteurs qui ont témoigné, le principal objectif des forces de l'ordre était de ne pas se faire prendre!

La question de la légitime défense collective a été posée, la réponse appartiendra à la cour, mais certains semblent penser qu'elle ne peut s'appliquer à la communauté Wallisienne mais par contre elle existe pour les gendarmes…

Nous avons eu droit à un petit retour en arrière sur l'attaque de l'Avé Maria par les Mélanésiens. Les gendarmes étaient présents au moment de la mise en place de ladite attaque par les jeunes de la tribu de St Louis, mais ils ont quitté les lieux pour se redéployer ailleurs!

Quand la sœur de Kilo (cousine de lolo est venue à la barre raconter ce qui se passait cette nuit là, on mesure largement les sentiments d'abandon et de détresse qui habitent les Wallisiens aujourd'hui. Témoignages largement renforcés par le maire du mont dore de l'époque!

La diffusion du reportage de TF1 a de nouveau marqué les esprits. Le premier juré, membre de la communauté Wallisienne a préféré se désister en mettant en avant le fait qu'elle risquait de manquer d'impartialité au moment du jugement.

Voilà pour cette première journée de procès ce qui en ressort essentiellement c'est la confirmation de la défaillance de l'état dans cette histoire ainsi que la stratégie de la partie civile et du parquet qui semble se préciser autours de la caricature de milice Wallisienne venant attaquer la paisible communauté mélanésienne! On n'est plus à une couleuvre prés…