Vendredi 27 Juin 2003


ACTUALITE


Nouvelle-Calédonie / Société


Cinquante familles wallisiennes à l’Ave Maria

Sur les 171 familles wallisiennes de l’Ave Maria engagées dans un processus de départ depuis octobre dernier, il en resterait encore 40 à 50 sur place. D’où un regain de tension depuis quelques semaines.

Un des motifs de tension qui demeure entre les communautés mélanésienne et wallisienne de Saint-Louis est la vitesse de déroulement du processus de départ des familles wallisiennes. Ce processus a été amorcé avec, en octobre dernier, après 10 mois de conflit ethnique dur, trois personnes tuées par balles, plusieurs maisons incendiées et des dizaines de blessés. Il répond à la cause même du conflit, qui est la revendication par les habitants mélanésiens de la tribu de Saint-Louis, de la rétrocession des terres de l’Ave Maria et du départ des familles wallisiennes qui les occupent depuis une quarantaine d’années.

120 familles déjà parties

Sur les 171 foyers qui peuplaient l’Ave Maria en décembre 2001, époque des premières émeutes, il en reste une cinquantaine.
Du côté du haussariat, on estime que le processus enclenché à l’issue de l’accord intervenu en octobre 2002 est en bonne voie de réalisation. Plus des deux tiers des habitants de l’Ave Maria ont accepté de déménager et il ne resterait qu’une minorité qui a placé haut la barre des exigences avant d’accepter de partir.

Actions de harcèlement

Du côté du clan Vili (un des responsables de la communauté wallisienne de l’Ave Maria) on dresse un tableau plus sombre de la situation. Sur les 120 familles qui ont d’ores et déjà quitté l’Ave Maria, la moitié serait actuellement logée en squat ou dans des conditions précaires. D’autres seraient relogées dans des appartements locatifs, bien loin des conditions de vie rurales qu’elles connaissaient à l’Ave Maria où chacune pouvait cultiver son bout de jardin et engraisser quelques cochons. Bref, rares seraient les familles ayant déménagé qui seraient satisfaites de leur sort.
Du coup, les départs ont tendance à se raréfier. Conséquence, depuis quelques semaines, les actions de harcèlement ont repris dans le camp mélanésien qui s’était pourtant engagé à respecter une trêve. Des actions qui sont allées crescendo jusqu’à l’explosion de violence de mercredi après-midi, déclenchée par un incendie dont les auteurs ne sont pas connus, pas plus que leur appartenance ethnique.


 



NAVIGUEZ
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Une famille d’une dizaine de personnes a quitté l’Ave Maria hier en fin d’après-midi. Elle est partie emménager dans un logement de la Sic près de Nouméa.




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